Faire des politiques sans celles et ceux que cela concerne : mon intervention dans libération
« Aujourd’hui ceux qui ont le plus la parole sur l’écologie ce sont les CSP+, ceux qui ont les moyens »
Il s’agit d’un rappel qui sonne comme une évidence : On ne peut pas construire une écologie populaire sans les classes moyennes et populaires. On ne peut pas envisager de politiques publiques de transition écologique sans inclure dans leur conception les quartiers populaires et les campagnes populaires. Cela ne marchera pas.
Mais la logique est la même pour les autres politiques. Comment construire des politiques de lutte contre la pauvreté si ce n’est avec les personnes qui vivent la pauvreté ? Comment construire des politiques sur le handicap sans y associer des personnes qui vivent le handicap ? Comment construire des politiques d’égalité entre les sexes sans y inclure les femmes ? Comment bâtir des politiques industrielles sans y inclure les travailleurs et les syndicats ?
Et même, comment mener des politiques alimentaires sans donner la parole aux mangeurs et aux mangeuses ?
Redonner le pouvoir aux gens, savoir s’effacer pour mieux écouter : voilà des ingrédients pour des politiques publiques plus efficaces.
Construire de manière inclusive les politiques publiques, ce n’est pas « pour se faire plaisir », ce n’est pas un gadget, mais c’est une exigence démocratique et c’est une condition à des décisions réellement pertinentes et durables.
C’est pourquoi je suis fier de siéger, en tant que député, au sein du Conseil national de lutte contre l’exclusion (CNLE) qui porte une attention particulière à la participation des personnes concernées par la pauvreté et la précarité afin de ne pas émettre des avis hors-sols.
De la même manière, je suis fier de soutenir le projet de Sécurité sociale de l’alimentation, qui, comme je l’explique à Mediapart permettra de prouver que donner aux citoyens le pouvoir d’organiser le système alimentaire, autrement dit démocratiser le système alimentaire, fonctionne.