Boris Tavernier, Député du Rhône
Qui suis-je ?
« Je n’ai pas totalement changé de métier en devenant député. J’ai simplement changé d’endroit pour continuer le même combat. »
MON PARCOURS
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Avec quelques amis, nous avons décidé d'ouvrir un café-restaurant sous forme de coopérative.
Nous ne voulions pas qu'une personne décide parce qu'elle avait mis plus d'argent que les autres. Nous voulions appliquer le principe d’une personne, une voix et être en auto-gestion.
À l'époque, on parlait encore de SCOP, les Sociétés coopératives ouvrières de production. Aujourd'hui, on dit Sociétés coopératives et participatives, mais l'idée reste la même : l'entreprise appartient à celles et ceux qui y travaillent.
Quand on a ouvert, le lieu vivait du matin jusqu'au milieu de la nuit. On servait des cafés le matin, des plats le midi, avec une offre végétarienne quotidienne (ce qui était encore très rare à l'époque) puis le soir, le restaurant se transformait en lieu culturel. On organisait des concerts, des débats, des projections, on faisait venir tout plein d’assos… Les artistes qui venaient jouer étaient tous rémunérés avec un vrai cachet. Pas de chapeau à la sortie du concert. On essayait de ne pas trahir nos idéaux, d'être cohérents partout.
Enfin… partout sauf avec nous. On travaillait près de cent heures par semaine. C'était une période extraordinaire. Nous avons rencontré des milliers de personnes, accueilli des artistes incroyables, construit quelque chose qui nous ressemblait.
Avant de quitter définitivement le restaurant, j'ai décidé de reprendre mes études. J'ai intégré un Master en économie sociale et solidaire et je continuais de travailler au café à coté.
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L'avantage, quand on travaille dans un café, c'est qu'on parle avec tout le monde.
J'étais au service quasiment tout le temps et je connaissais les habitués, les militants, les habitants du quartier, les responsables associatifs, les élus...
C'est comme ça qu'un jour, en discutant avec un membre de la Fondation Abbé Pierre et d'un bailleur social, une idée a émergé… Ils me racontaient qu’ils avaient vu plein de paraboles sur tous les immeubles dans la banlieue à l'époque, pour la télé. Ils se disaient « Pétard, s'il n'y avait qu'une parabole pour tout l'immeuble, ce serait quand même moins cher.”
Et puis, on commence à élargir la réflexion à l’alimentation. Pourquoi ne pas mutualiser les achats pour permettre à chacun d'accéder à de bons produits ? Pourquoi ne pas créer un Vrai Reseau d’Achats en Commun (VRAC)
Dans ces quartiers, il n'y a pas d'accès, il n'y a pas de moyens, il n'y a pas d'offres. On a cherché à proposer une alimentation de qualité aux habitants de ces quartier, de refaire du lien.
Quand j'ai commencé, je n'avais jamais mis les pieds dans un quartier populaire. Je venais de la campagne du Pas-de-Calais et j’ai retrouvé beaucoup de choses que je connaissais déjà.
La précarité. L'isolement. Le sentiment d'être oublié.
Au lancement de VRAC, je n'avais aucune méthode. Le président de l'association me disait : « Enferme-toi trois mois dans ton bureau et écris le projet. » J'ai fait exactement l'inverse et pendant trois mois, je suis allé dans les quartiers pour rencontrer les habitants.
Et puis, petit à petit, VRAC a commencé à se développer. J'ai accompagné la création de nouvelles antennes un peu partout en France. Je tenais à ce qu'elles restent indépendantes puisque chaque territoire avait ses réalités, ses habitants, ses partenaires.
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En 2021, j'ai été sélectionné comme Fellow Ashoka.
Ashoka, c’ est un réseau international qui accompagne des entrepreneurs sociaux du monde entier (les Fellows) dont les propositions seraient capable de transformer durablement un système tout entier.
Le véritable enjeu est de transformer notre manière de penser l'alimentation. De pouvoir la penser comme un droit fondamental, qui concerne la santé, l'environnement, l'agriculture, la démocratie et la dignité de chacun.
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Pendant longtemps, je n'ai jamais imaginé faire de la politique, ou du moins, à travers les institutions. Des élus ont commencé à me solliciter. J'ai refusé une première proposition.
Puis est arrivée la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024.
Après l’annonce d'Emmanuel Macron de dissoudre, tout est allé extrêmement vite !
Dès le lendemain, je reçois un message d'un collègue de VRAC qui m'écrit : "Si tu veux y aller, c'est maintenant." Peu de jours après, j’étais officiellement investi.
Je ne connaissais alors rien aux campagnes électorales mais j’ai vite compriss que faire campagne ressemblait beaucoup à ce que j'avais toujours fait. C’est aller rencontrer des gens, les écouter, discuter.
Ce qui me guide
FABRIQUER DES LOIS AVEC CELLES ET CEUX QUI SAVENT :
Je ne veux pas produire de textes de loi déconnectés du terrain. Les meilleures politiques publiques sont celles qui sont construites avec ceux qui vivent les problèmes ou qui travaillent dessus chaque jour. Lorsque je travaille sur le droit à l’alimentation, je le fais avec des associations spécialisées. Lorsque je mène des travaux sur les marges de l’industrie agroalimentaire, je collabore avec les organisations expertes du sujet. Pareil concernant la précarité matérielle, je construis ces réflexions avec les acteurs qui accompagnent quotidiennement les personnes concernées.
M’émerveiller sans cesse :
Chaque fois que je franchis les portes de ces institutions, rencontre de nouvelles personnes ou participe à des évènements, j’essaie de ne jamais devenir blasé. Je considère qu’être là est quelque chose d’extra-ordinaire. Ce que je vis, être invité dans des lieux incroyables, participer à des moments importants de la vie démocratique française, ou juste prendre la parole dans l'hémicycle est une chance immense. Et puis, à partir du moment où l’on cesse de s’émerveiller, quand ça devient banal, on commence aussi à perdre une partie de ce qui nous a amenés là.
Défendre le droit à l’alimentation
Très tôt, je me suis fixé la règle de ne pas me disperser et de me spécialiser sur les questions liées à l’alimentation. Ce sujet transversal me passionne parce qu’il touche à tout que ce soit à la santé publique, à l’agriculture, la biodiversité, la justice sociale, l’économie...
Défendre le droit au logement :
Je travaille également sur le logement, parce que pour moi ces deux questions constituent la base de tout. Se nourrir et se loger sont les besoins les plus essentiels, vitaux. Lorsqu’une personne n’a pas accès à ces deux droits fondamentaux, tout le reste devient plus compliqué.
Défendre la vie associative
Je défends aussi beaucoup le milieu associatif d'où je viens, qui est très peu évoqué à l'Assemblée.
Ne pas être un homme de parti
Je ne veux pas adhérer à un parti politique. J'ai été investi par les écologistes et j'en suis profondément reconnaissant mais je veux conserver ma liberté et pouvoir continuer à voter en conscience et librement !