L’Accroissement du sans-abrisme infantile : ma Question au gouvernement
En 2022, le gouvernement s'engage sur l'objectif "zéro enfant à la rue". Trois ans plus tard, le nombre d'enfants à la rue a augmenté de 30%. Mais selon Bayrou, la dette a profité à tous …
Aujourd’hui, l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité ont publié leur baromètre annuel des Enfants à la rue. Les résultats témoignent du manque d’action et de moyens de l’Etat pour protéger les enfants. Le 18 août, 2 159 enfants dont 503 enfants de moins de 3 ans sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115.
Des chiffres malheureusement largement sous-estimés. En effet, ils ne prennent pas en compte les familles qui ne parviennent pas à joindre le 115 ou n’y recourent pas ou plus. Ils ne comprennent pas les mineurs non-accompagnés sans-abri et sous-estiment la situation en outre-mer.
François Bayrou appelle les parlementaires à choisir entre la responsabilité et le chaos. En voici donc un, de choix de responsabilité : inscrire dans la loi de finances des crédits correspondant aux engagements d’hébergement de l’Etat, de la Cour des Comptes, et aux recommandations de l’IGF, l’IGAS et l’IGA.
Laisser des enfants à la rue est indigne. L’Etat doit mettre sur la table les moyens nécessaires pour mettre à l’abri les enfants et leurs familles. J’ai déposé ce jour une question écrite au gouvernement allant dans ce sens :
Texte de la question
M. Boris Tavernier alerte Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur l'aggravation du sans-abrisme des enfants en France. Selon le 7e baromètre des « Enfants à la rue » publié par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l'UNICEF France, dans la nuit du 18 au 19 août 2025, au moins 2 159 enfants, dont 503 âgés de moins de trois ans, sont restés sans solution d'hébergement malgré un appel au 115. Ce chiffre est en augmentation de 6 % par rapport à l'an dernier et de 30 % depuis 2022, traduisant la saturation persistante des dispositifs d'hébergement et l'insuffisance des moyens engagés. Les chiffres recueillis, déjà inquiétants, ne reflètent pas l'ampleur réelle de la situation puisque de nombreuses familles ne parviennent pas à contacter le 115 et les mineurs non accompagnés échappent au décompte. Par ailleurs, la situation est encore plus dramatique dans les territoires ultramarins, où près de trois habitants sur dix vivent en mal-logement ou sans domicile. Alors que 31 enfants sont décédés à la rue en 2024, le Sénat a appelé à une action immédiate et d'ampleur pour mettre fin à ce fléau en adoptant, le 19 mars 2025, à l'unanimité, une résolution visant à mettre fin au sans-abrisme des enfants. Pourtant, le baromètre rappelle qu'il manque 250 millions d'euros pour maintenir en 2025 le parc d'hébergement à son niveau actuel de 203 000 places, alors même que le Gouvernement s'y était engagé. À défaut d'un financement sincère et d'une stratégie durable, l'objectif de « zéro enfant à la rue » restera hors d'atteinte. Afin de rendre cet objectif effectif, l'UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité préconisent d'inscrire dans le projet de loi de finances pour 2026 les crédits permettant de sécuriser le parc existant et de créer au moins 10 000 places supplémentaires, dont 1 000 dédiées aux femmes enceintes ou sortant de maternité, ainsi que de mettre en œuvre une programmation pluriannuelle de l'hébergement et du logement incluant la production de 200 000 logements sociaux par an dont 60 000 très sociaux, conformément aux recommandations du Comité des droits de l'enfant de l'ONU. Elles appellent également au financement et au déploiement d'un plan national « Enfants mal-logés », au moins à hauteur des engagements du Pacte des solidarités, afin de garantir la mise à l'abri immédiate et inconditionnelle de tous les enfants et de répondre durablement aux besoins des familles. Les politiques actuellement en place ayant démontré leur insuffisance, il lui demande quelles mesures urgentes le Gouvernement entend prendre pour traduire ces préconisations dans le cadre du projet de loi de finances et d'une politique pluriannuelle afin que plus aucun enfant ne soit contraint de dormir à la rue