Sanctuariser le budget européen de l’aide alimentaire?
L’alimentation ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire.
L’aide alimentaire et la solidarité encore moins.
Pourtant la Commission européenne prépare un projet qui pourrait permettre de détourner les moyens consacrés à la solidarité et l’aide alimentaire européenne vers le financement d’autres politiques, comme la politique de défense.
Ce serait une erreur majeure.
A quoi bon se réarmer pour protéger l’Europe d’une menace extérieure si au sein de nos frontières, certains de nos concitoyens meurent de faim ?
Quelle puissance européenne, si par manque de cohésion, par affaiblissement des derniers filets de solidarité nous nous déchirons de l’intérieur ?
J’ai donc voté pour cette proposition de résolution européenne qui appelle à quasi-sanctuariser le budget européen de l’aide alimentaire.
Néanmoins, il ne faut pas s’en satisfaire.
L’utilisation faite par la France du budget de l’aide alimentaire dans le cadre du FSE+ est largement améliorable.
Au nom de “l’efficience économique”, par une logique d’achat de masse de denrées, on prive les gens dépendants de l’aide alimentaire, d’un accès à une alimentation de qualité.
On les empêche de pouvoir choisir leur alimentation.
Pourtant, accéder à une bonne alimentation doit être un droit pour tous, non un privilège pour quelques-uns.
Ainsi, si la France veut être à la hauteur de sa double réputation de pays de la gastronomie et de patrie des droits de l’homme, elle doit reconnaître et concrétiser le droit à l’alimentation.
De la même manière, si l’Europe souhaite s’imposer comme une puissance qui rayonne et qui est respectée parce qu’elle propose un modèle respectable, elle doit reconnaître et faire appliquer le droit à l’alimentation.
Autrement dit, en des temps géopolitiques troublés, la puissance de la France et l’Europe, passe aussi par la reconnaissance du droit à l’alimentation.