Scandale des laits contaminés : Qui l’Etat protège ?

Scandale des laits contaminés : qui l’Etat protège ? La santé des bébés ou celle des géants de l’agroalimentaire ?

Je suis parlementaire, je relaie l'inquiétude légitime de milliers de parents.

Ma question était très claire : l’Etat peut-il fournir dès aujourd’hui aux parents une liste de laits infantiles pour lesquels il n’existe avec certitude aucun danger de contamination ?

La ministre n’a pas répondu à cette demande attendue par les familles. Elle a préféré me traiter de complotiste.

Je suis parlementaire, ne lui en déplaise, mon rôle est aussi de contrôler l’action du gouvernement. Loin de tout complotisme, je me base sur des faits pour questionner son action.

En la matière :

La ministre n’a pas ordonné de rappels administratifs alors qu’elle en avait la possibilité. Ne sont donc organisés - par les industriels eux-mêmes - que des rappels volontaires au compte-goutte.

Nul complot, c’est un fait.

Vendredi 23, la ministre de la Santé a assuré que tous les lots de laits potentiellement contaminés avaient été retirés. Pourtant, le soir même Danone ordonnait des retraits. Deux jours plus tard c’était babybio et hier soir étaient encore annoncés de nouveaux retraits. Aucun complot, ce sont des faits.

Le premier communiqué des autorités françaises sur le lait contaminé date du 22 janvier. La première alerte aux professionnels de santé n’est faite que le 23 janvier.

Pourtant, le 12 décembre la première notification formelle dans le système d’alerte rapide européen sur la sécurité des aliments était émis par les autorités italiennes pour signaler la présence de céréulide dans des laits infantiles.

Avant cela, le 9 décembre, Nestlé avait informé les autorités néerlandaises de la présence de crélulide dans des laits produits aux Pays-Bas et de nombreux pays ont procédé à des rappels.

Le 11 décembre ce sont les premiers rappels en France. Ce sont des faits.

Mais alors pourquoi a-t-il fallu attendre plus d’un mois entre les premiers rappels et le premier message de santé publique adressé aux professionnels de santé ? Pourquoi le ministère se refuse à organiser des retraits administratifs et attend encore, fin janvier, le résultat de tests organisés par les industriels eux-mêmes ?

Ce sont des questions légitimes, pas du complot.

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