Baisse du financement de l’ESS par les collectivités territoriales, C’est humiliant
Ce budget est humiliant. Ce budget est insultant.
L'Économie sociale et solidaire (ESS) est rudement attaquée par le gouvernement.
Après des crédits gelés en 2024, le gouvernement prévoit une diminution de son budget de -25% !
Par ailleurs, d’autres budgets qui concourent à l’ESS sont également fragilisés comme ceux dédiés à la politique de la ville particulièrement touchés ou les crédits dédiés à l’insertion par l’activité économique qui demeurent sous-dimensionnés.
A cette première cure d’austérité, une seconde s’annonce. Il est à prévoir une baisse du financement de l’ESS par les collectivités territoriales, ces dernières étant mises à rude épreuve dans ce projet de loi de finances.
Le projet du gouvernement est donc une véritable sanction pour un secteur en sous-financement chronique mais qui pourtant représente 14 % des emplois privés en France et dont l’utilité pour le pays n’est plus à prouver, hormis auprès de celles et ceux qui refusent de voir.
Derrière les chiffres cela va se traduire par une perte de vitalité économique, sociale et démocratique dans tous les territoires, en particulier dans les quartiers populaires et zones rurales où - contre toute idée reçue - les structures de l’ESS sont belles et bien et présentes, parfois bien seules face à un retrait de l’Etat et des services publics.
Chez moi, à Lyon, par exemple, le programme Apprentis solidaires de l’AFEV, après une expérimentation de trois ans qui a porté ses fruits et qui a touché plusieurs centaines de jeunes, a vu un projet de convention s’arrêter dès l’annonce de l’austérité.
Résultat : c’est 4 salariés en chômage technique à Lyon, une soixantaine en France et des centaines de jeunes, désireux de s’engager et d’entrer en apprentissage qui ne pourront être accompagnés.
A rebours du gouvernement, mardi dernier, en commission des affaires économiques, nous avons donc voté pour une augmentation des crédits de l’Economie sociale et solidaire.
Néanmoins, il ne faut pas se réjouir trop vite.
Ce vote, même si il marque une défaite certaine pour le gouvernement et contribue à apporter à l’économie sociale et solidaire la reconnaissance dont elle mérite n’est que consultatif.
Tout doit encore se jouer en commission des affaires finances et en séance, à moins que le 49-3 ne vienne tout effacer.