L’exposition de l’artiste gazaoui Ahmed Muhanna
Ce vendredi, au centre de la place Bellecour, un conteneur un peu spécial s’est arrêté pour partager un moment hors du temps : celui de l’exposition de peinture de l’artiste gazaoui Ahmed Muhanna.
En voyageant dans toute l’Europe et en s’arrêtant dans le centre des grandes villes Européennes, cette exposition aspire à mener une campagne de visibilité pour sensibiliser le grand public sur la crise humanitaire à Gaza en partenariat avec le PAM (Programme Alimentaire Mondial) et l’Union Européenne.
Plus qu’une exposition, c’est une véritable introspection personnelle face à la crise humanitaire que connaît le territoire.
Que ce soit par le biais des peintures exposées ou de leurs supports particulièrement symboliques, ce voyage est intimement fort. Assurément, les œuvres sont réalisées sur les cartons d’emballages alimentaires du Programme des Nations-Unies ou sur des pages de livres arrachées.
Ahmed Muhanna cherche ici à connecter l’espoir de ces cartons à la douleur de ceux qui les reçoivent.
Si les supports de son art sont remplis de sens, les matériaux qu’il utilise pour nous transmettre ses messages le sont tout autant : avec les horreurs de la guerre, il utilise tout le matériel qu’il peut trouver, que ce soit du charbon, du café, des plantes ou même du thé, depuis que ses réserves de peintures sont épuisées.
Par ses matériaux, ses toiles et ses peintures, son travail incarne une vraie résilience et une volonté inébranlable de créer la beauté et de la transmettre au milieu de la dévastation.
Durant l’exposition, une porte-parole du PAM en Palestine et un traducteur originaire de la région ont pu répondre à nos questions en apportant des témoignages vivants des événements qui se passent à Gaza en temps réel.
Des enfants peints en train de ramener l’eau chez leurs parents plutôt que d’être à l’école à cette femme faisant du pain autour de milliers de débris, l’ensemble de son oeuvre est marquante et est une expérience d’humilité profonde.
L’horreur que vit le peuple Palestinien à Gaza est somme toute indescriptible mais ces couches d’acrylique nous permettent de ne pas oublier de les voir.