Mon avis sur les repas crous à 1 euro
Suite à l’annonce de Sébastien Lecornu qui promet de généraliser les repas CROUS à 1€, il me semble important de réagir.
En effet, cette annonce est évidemment une bonne nouvelle même si il est regrettable qu’elle soit utilisée comme un élément de chantage dans les négociations budgétaires.
Si le gouvernement en faisait une priorité sincère, la lutte contre la précarité étudiante aurait dû figurer dès le départ dans le projet de budget.
Ce n’était pas le cas, pourtant trop d’étudiants sont contraints de choisir entre manger et étudier.
Nous avions voté à l’Assemblée nationale il y a quelques mois, une proposition de loi socialiste pour généraliser le repas Crous à 1€ parce qu’il y a urgence : presque un étudiant sur trois dit sauter régulièrement des repas faute d’argent.
16% des étudiants ont recours à l’aide alimentaire.
Cette généralisation des repas CROUS à 1€ pose néanmoins quelques défis.
Il faut l’accompagner d’un investissement dans les restaurants universitaires sinon les Crous seront saturés et deviendront inaccessibles.
Il ne faut pas non plus que le repas CROUS à 1€ se traduise par des repas de moins bonne qualité.
Aussi, de nombreux étudiants vivent éloignés des restaurants CROUS. Pour eux, en 2025, a été mis en place une aide financière à la restauration. Mais elle était scandaleusement faible, elle représentait moins d’un euro par jour pour les non boursiers, et moins de deux euros pour les boursiers.
Avec ces dernières annonces, ces jeunes éloignés des restaurants crous semblent oubliés.
Je pense aussi à toute la jeunesse, qui n’est pas étudiante et qui connaît aussi des situations de pauvreté.
Enfin, au-delà du CROUS à 1€, j'ai rappelé que la précarité étudiante est générale.
Elle ne concerne pas que l’alimentaire.
J'aimerais par exemple entendre le Premier ministre sur l’accessibilité du logement étudiant.
Je suis très inquiet sur ce point, surtout quand j’entends des prétendants aux municipales dans des grandes villes étudiantes - au hasard Jean-Michel Aulas à Lyon - vouloir casser l’encadrement des loyers qui pourtant protège les habitants et en particulier les étudiants qui vivent dans des petites surfaces de hausses de loyers trop lourdes.
(PS. A celles et ceux qui diront “ils n’ont qu’à travailler” je tiens à rappeler que la précarité augmente le risque de rater ses études tout comme travailler à côté. Et surtout, très souvent, les étudiants en précarité sont des étudiants qui travaillent en parallèle de leurs études.)