Squats et expulsion : rétablissons les faits en comission

Aujourd’hui, à l’initiative du groupe UDR nous étudions un texte - qui - si il était adopté - obligerait des millions de Français à envoyer divers papiers pour souscrire un contrat d’énergie, de téléphone ou d’internet et obligerait les entreprises à contrôler ces documents.

Rappelons les faits devant cette loi faite pour soi-disant lutter contre les squats :

Voici des extraits de mon discours pour défendre mes amendements :

“Dans ce pays, pour une fois, qu’il y a avait quelque chose de simple, qui fonctionne, vous voulez le compliquer. 

Pour quelle raison vouloir ajouter de la paperasse aux français et à de nombreuses entreprises ? 

Pour lutter contre un problème ultra-marginal pour ne pas dire imaginaire. 

Pourquoi ? Pour soi-disant lutter contre le squat. 

Très bien. Mais, monsieur le rapporteur, pouvez-vous nous dire combien de cas cela concernerait ? Parce que dans votre rapport vous ne le dîtes pas. 
Vous reconnaissez vous même je vous cite, qu’“il n’y a qu’une faible probabilité d’être victime d’un squat” et, je vous cite toujours que “si les cas de squat sont heureusement peu nombreux, la peur d’un squat, elle, est bien répandue : 70% des propriétaires déclarant une inquiétude” sur ce sujet.   

C’est donc très clair. Vous ne voulez pas lutter contre un fait, contre un vrai problème par exemple la crise du logement. 

Non, vous avez choisi par cette loi, de lutter contre une peur. L’ambition est plus modeste, mais pourquoi pas.

Cette peur, elle est aussi répandue par Vérisure, l’entreprise qui vend des alarmes.

C’est d’ailleurs elle qui a acheté le sondage qui vous sert de sources. Sur la dizaine de pages que compte votre rapport, la seule donnée, le seul chiffre cité est issu d’une opération publicitaire commandée par cette entreprise. Cela donne à voir tout le sérieux de votre démarche. 

En réalité monsieur le rapporteur, vous voulez vous battre contre une peur  infondée, que vous alimentez vous même. 

Mais monsieur le rapporteur, je vous propose de vous battre contre une autre peur, celle-ci totalement fondée car basée sur une réalité ?

Battez-vous contre la peur que ressentent des milliers de familles endettées qui craignent de devoir entasser toutes leurs affaires dans des sacs poubelles devant des policiers et des huissiers chargés de les expulser.

+400%. C’est la hausse du nombre d’expulsions locatives depuis 2004.

30 500. C’est le nombre de ménages qui ont été expulsés de leur domicile l’année dernière. Un record, un chiffre alarmant, jamais atteint, qui a doublé depuis 2016.  

Je vais vous donner un autre chiffre : 350 000. Il découle des deux autres.

C’est le nombre de personnes sans domicile fixe en France. Notre pays connaît un record de SDF. Et que proposez-vous ? Rien. 

Mettez maintenant ces chiffres en parallèle avec ceux du squat. Entre septembre 2023 et mai 2024, 432 demandes d’expulsions pour squat ont été enregistrées par les préfets. Sur ces demandes, 386 ont abouti à une expulsion forcée, soit plus de 80%. Ne reste que 46 cas. A mettre en écho avec les 38 millions de logements en France.”

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